São Paulo - SP

DESTINATION


SÃO PAULO

Dans la ville la plus riche du Brésil, la population de près de 11 million d’habitants (18 millions si l’on compte la région metropolitaine) bénéficie de la vie culturelle et nocturne la plus animée du pays, d’une rare diversité gastronomique et d’un luxueux centre de commerce. Au premier abord, la métropole peut paraître grise et inhospitalière ; mais il ne faut pas longtemps pour se rendre compte  que si elle manque de beautés naturelles, elle déborde de vitalité et de possibilités de divertissement et de consommation. São Paulo, la ville, est la capitale de l’État du même nom, et offre un choix varié d’attractions touristiques : un littoral magnifique, une campagne propice aux sports d’aventure et d’agréables villes de montagne.

 

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CENTRE HISTORIQUE

São Paulo change tellement et si vite qu’il ne subsite aucun bâtiment datant de sa fondation, le 25 janvier 1554. Telle est la dynamique de la troisièrme plus grande agglomération humaine du monde (après Tokyo et Mexico). Une promenade à pied dans le centre revèle la prédominance du style éclectique des grands édifices de la fin du XIXème et du début du Xxème siècles, ainsi que les interminables travaux de rénovation que le quartier connaît continuellement. Le centre ville est officiellement divisé en deux par la vallée de l’Anhangabaú : l’ancien centre (centro velho) et le nouveau (centro novo). Le Centro Velho, sur la butte, comprend les alentours du Pátio do Colégio, la Catedral da Sé et le Mosteiro de São Bento ; le Centro Novo, de l’autre côté de la vallée, réunit le quartier de la Praça da República et les avenidas Ipiranga, São João et São Luís. Aux yeux de l’observateur, cependant, le paysage ne fait qu’un – une grande agglomération de béton typique des mégalopoles.    

SÃO PAULO COSMOPOLITE ET GLOBALISÉE

LES JARDINS
Les Jardins sont un lieux mytique dans lequel les paulistas partagent, outre les vêtements de grandes marques, les tables étoilées et l’architecture branchée, la conviction de vivre dans une métropole cosmopolite. Les Jardins sont un concentré de marques de luxe, dont l’emblème est ce qu’on appelle le Quadrilatère – zone autour du croisement de la rue Oscar Freire et de la rue Haddock Lobo – qui se veut un paradis de consommation à la hauteur de l’avenue Montaigne à Paris, de la Sloane Street à Londres et de l’upper Madison Avenue à New York.
En réalité, ses contours sont indéfinis, même si l’on entend généralement par Jardins l’univers densément urbain qui descend depuis la crête herisée d’immeubles de l’avenida Paulista ou autrefois fleurissaient les manoirs des fortunes du café et de l'industrie, aujourd’hui skyline du grand capital jusqu'à ce qui, dans les années 1940, n'était guère qu’un marécage infecté par les crues du Pinheiros.
Les Jardins étant aujourd'hui ce qu'ils sont, un eldorado ou les amazones portent des sacs à main Vuitton et s' entrainent pour combattre les affres de la vie dans les fitness centers, il faut rappeler qu’étrangement rien ne laissait présager cette vocation à jouer les Beverly Hilis. Selon le témoignage de l'écrivain Zélia Gattai (dans le livre Anarquistas, graças a Deus), si l’avenida Paulista avait effectivement une lignée de sang et de fortunes, à partir de l’alameda Santos, en revanche, ce que l'on pouvait voir, c'était un déflié-de cortêges funéraires et de camionnettes de livraison, dont la circulation plébéienne était interdite sur le boulevard des millionnaires. Au gré de la topographie s’éparpillaient des pavilions discrets et de petites maisons jumelles.
La mise en place de ce bastion du charme commença avec l'investissement immobilier, qui inventa le marketing au Brésil. Le Jardim América, lancé par les Anglais de la Compagnie City dans les années 1920, commercialisa un nouveau concept: habiter entre des arbres touffus et des voies en méandres constituant plutôt un obstacle à la circulation. C’est donc d'une entreprise conunerciale qu’est née cette mystique de raffinement des Jardins, qui y attira des initiatives comme le Museu de Arte de São Paulo, le Clube Paulistano, la fine fleur de la communauté juive qui aiffluait et des noms de families traditionnelles comme Matarazzo et Fasano.
Avec son métabolisme pantagruélique qui Ia pousse à dévorer de nouveaux espaces pour les rejeter par la suite, São Paulo abandonna son centre-ville et fixa, dès les années 1960, l’axe de sa trépidation mondaine dans la rua Augusta, épicentre du commerce et des soirées ou la drague et les flirts ne pouvaient se passer d’un ingrédient: l’automobile. Tandis que la jeunesse de la Jovem Guarda (la génération yéyé des années 1960) remontait l’Augusta à tombeau ouvert, renforçant ainsi la légende de la ville qui ne peut jamais s’arrêter, le Conjunto Nacional venait s’affirmer comme la nouvelle frontière du bon chic bon geme. Si autrefois les Jardins avaient Bibba, Paraphernalia, Spinelii, Old England et Hi-Fi pour façade, aujourd'hui l’empire du high fashion exprime sa fascination pour la mondialisation au travers de marques comme Armani, Versace, Boss, Cartier, Tiffany, Montblanc, Hermès, Ferragamo, Dior et Baccarat - tout cela à portée d’une simple promenade, mais pas toujours à portée de toutes les bourses.

Nirlando Beirão
Journaliste originaire de Minas Gerais se résignant à vivre à São Paulo – par intermitence